BICHE

Loin de toutes les comparaisons possibles (Tame Impala étant celle qui saute aux yeux pas encore fermés), Biche est né en 2012 dans la tête d’Alexis Fugain. Avec ses quatre faons (dont Alexis Croisé derrière le projet Mottomoda), il a fait sienne la devise de feu Pierre Barouh : « il y a des années où on a envie de ne rien faire ». Conclusion : il aura fallu 6 ans de divagations, ponctuées par le premier 45t La Nébuleuse de Sienne, pour arriver à cet album.
Ayant échappé à la vague néo-psyché, elle-même emportée depuis comme un ouragan, Biche a préféré lentement sortir du bois. Littéralement. C’est dans un studio des Yvelines, entouré par la forêt, que le groupe est né et qu’il a su revenir à sa langue maternelle après avoir, brièvement, tenté l’anglais. Ce qui n’empêche pas de pouvoir dire, sans ciller, que La nuit des Perséides vise dans la même direction que le Revolver des Beatles. Même soucis des arrangements, même obsession pour ces sons de guitares si high and dry. Rajoutez ce son de basse qui, de Burgalat à Air a fait les beaux jours de l’export français, et vous obtenez un « semi concept album » assez compact pour s’écouter d’une traite mais suffisamment aéré pour qu’on y revienne, par plaisir, pour le découper en tranches. Des graines de Todd Rundgren planquées sous le Mellotron, des bouts d’effets garages à la Thee Oh Sees (sur Fugue), de la pâte à François de Roubaix bien malaxée, tout est là : ça vient juste de sortir du four mais le temps aidant, rien ne sent le réchauffé.
Produit par Vincent Hivert et Alexis Fugain, qui signe également toutes les compositions, ce premier album contient également deux instrumentaux (Film noir et Mon morceau préféré). C’est le temps nécessaire pour redescendre, revenir sur terre, puis repartir. En astronomie, les Perséides désignent une pluie météores visible dans l’atmosphère terrestre. Au rythme où vont les choses, chez Biche, cette étoile pas si filante est faite pour durer.